C H R O N I Q U E
Il y a des groupes qui sont passés à côté de quelque chose d’énorme. C’est le cas de Tesla. En plein succès de Guns n'Roses, alors que Aerosmith cartonne avec son Pump, Tesla balance une bombe de Hard Rock vitaminé qui avait tout pour plaire aux fans de l'un et de l'autre... et pourtant, le groupe n’a pas eu le destin des deux autres groupes. On ne pourra même pas accuser le label de ne pas avoir fait son boulot puisqu’en l’occurrence, il s’agit de Geffen donc le même que les deux groupes que je viens de prendre en exemple. Pourquoi ? Mais pourquoooooi ? Pas sûr d’avoir la réponse mais on va essayer d’y voir plus clair en revenant sur ce The Great Radio Controversy, certainement leur meilleur album.
Mais tout d’abord, bizarre ce titre d’album non ? Pourquoi The Great Radio Controversy ? Le titre de l'album est à mettre en lien avec le nom du groupe, Tesla, qui vient du nom d'un ingénieur Serbe, Nikola Tesla. Celui-ci aurait fait la plupart des découvertes au niveau de l'énergie électrique que l'on a attribuées ensuite à Thomas Edison. Il aurait également été l’inventeur de la radio qui fut, elle, attribuée à Marconi. D'où la controverse (et le titre de l’album). Le livret de l’album nous offre un petit résumé de la situation. On apprend que ce n’est qu’en 1943 que la justice américaine statue que Tesla est bien l’inventeur de la technologie de la radio moderne, alors que l’inventeur est mort quelques mois plus tôt, sans un sou, sans obtenir la reconnaissance de son vivant. Mais revenons au groupe. Tesla est un peu le chaînon manquant entre Led Zeppelin et Aerosmith. Le groupe nous propose des riffs bien accrocheurs (Hang Tough, Did It For The Money, Makin’ Magic), des solos mélodiques et inspirés (Hang Tough toujours, The Way It Is), des refrains hauts en couleur (Lady Luck, Did It For The Money, Flight To Nowhere, Party’s Over) et une atmosphère générale bien rock and roll. Le premier point fort du groupe, ce sont d’excellents musiciens. Jeff Keith est un chanteur qui se démène comme un diable, à la voix légèrement éraillée qui rappelle parfois Joe Eliott (Def Leppard). On a une paire de guitaristes, Frank Hannon et Tommy Skeoch, qui n’a pas grand-chose à envier à la paire Perry / Hamilton. Sans oublier un binôme rythmique (Brian Wheat – basse et Troy Luccketta – batterie) qui sait ce que groove veut dire. Ajoutons à cela un talent certain de composition, aussi bien sur des morceaux qui déboîtent que sur des ballades (pas nombreuses sur cet album puisqu’il n’y en a que deux sur treize titres). Puisqu’on en parle, la ballade Love Song (très original !) est assez réussie dans le genre et a bien marché en single. Paradise, qui fait fortement penser à des ballades signées Aerosmith, se défend bien aussi. Par contre, je trouve dommage que les deux soient proposées à la suite dans la tracklist de l’album. Mauvais choix. Il y a enfin sur cet album une patte bluesy pas inintéressante avec l’incursion d’une guitare slide, un peu celle que l’on retrouve sur le Long Cold Winter de Cinderella paru l’année précédente (Heaven’s Trail, Be A Man, The Way It Is). Le tout nous donne un album vraiment intéressant de bout en bout et qui, comme le Long Cold Winter que je viens d’évoquer, se démarquait déjà de pas mal de ceux des groupes Hard US qui commençaient à avoir du mal à se renouveler.
The Great Radio Controversy fut un succès critique indéniable (l’album fut très bien accueilli par les magazines de l’époque) et il s’en est vendu quand même un bon petit paquet. Mais après ? Eh bien, plus grand-chose, hélas. Peut-être est-ce dû à l’absence d’un hit véritablement marquant qui aurait propulsé le groupe. Love Song a bien marché mais étant une ballade, elle n’a peut-être pas donné une idée réelle de ce dont était capable Tesla. Peut-être aussi que le groupe, trop discret, n’était pas assez sur le devant de la scène, comme pouvaient l’être les Guns par exemple, grâce à leurs nombreuses excentricités. Les vidéos du groupe ne furent peut-être pas autant diffusées sur MTV que celles de GNR ou d’autres groupes plus en vogue. Enfin et surtout, l’époque était en train de changer, le Hard Rock comme on l’avait connu dans la décennie qui se terminait n’était plus trop en odeur de sainteté. Certains groupes l’ont plutôt bien supporté (GNR et Aerosmith toujours), d’autres moins. Il n’en reste pas moins vrai que cet album est excellent et que si vous ne le connaissez pas encore, il n’est pas trop tard…
Tracklist de The Great Radio Controversy :
01. Hang Tough 02. Lady Luck 03. Heaven's Trail (No Way Out) 04. Be A Man 05. Lazy Days, Crazy Nights 06. Did It For The Money 07. Yesterdaze Gone 08. Makin' Magic 09. The Way It Is 10. Flight To Nowhere 11. Love Song 12. Paradise 13. Party's Over
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