Troisième opus pour le power trio constitué du maestro guitariste suédois Magnus Karlsson (au CV long comme le bras), du chanteur chilien Ronnie Romero (Rainbow, Lords Of Black, Coreleoni...) et du batteur américain Mike Terrana (qui a joué chez Malmsteen, Axel Rudi Pell, Masterplan, Rage, Tarja entre autres...). Cette fois-ci, ça s’appelle One More River To Cross et c’est globalement la même chose qu’avant. Je vous fais donc gagner du temps : si vous êtes fans des musiciens concernés et aimez les premiers essais desFerrymen, vous pouvez y aller les yeux fermés. Romero chante toujours aussi bien (on le connaît depuis des années pour être l’un des dignes héritiers de Ronnie JamesDio), Karlsson ressort ses guitares, ses arrangements épiques et une brochette de mélodies accrocheuses et conquérantes (il n’a pas perdu la main) et Terrana bat avec la puissance qu’on lui connait. Evidemment, c’est bien produit avec un son clair, puissant, propre, rien ne dépasse. Voilà. Vous vouliez votre troisième dose ? Elle est là et ne vous décevra pas. Ce n’est clairement pas moins bon qu’avant, il y a même quelques refrains encore plus fédérateurs pour le coup. Regardez / écoutez les deux vidéos ci-dessous, constatez que je ne vous mens pas et vous pouvez arrêtez ici la lecture de cette chronique. Pour les plus curieux qui souhaitent en savoir davantage, je vais quand même légèrement développer.
A la lecture de l’intro, on se dit que tout va bien mais il va s’agir de nuancer un peu. Les qualités décrites sont réelles, rien n’est exagéré. Les musiciens sont très bons, il y a du gros son, des envolées lyriques ou épiques, du clavier, un super chanteur... mais cela reste très classique / homogène / prévisible. Certains musiciens aiment l’aventure ou l’expérimentation, s’ouvrir à de nouveaux courants ou influences... d’autres ont leur patte et leur formule qu’ils aiment appliquer consciencieusement sans trop sortir des clous. Karlsson fait indéniablement partie de la seconde catégorie. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’a pas de talent mais, clairement, pour qui a déjà goûté aux productions de Allen / Lande, Free Fall et quelques autres projets du monsieur, il n’y aura pas vraiment de surprises à l’écoute de One More River To Cross. Il y aura même, par moment, de vrais airs de déjà entendu. Ce qui peut faire perdre de sa force à ce disque (le cerveau pouvant tout simplement décrocher face à autant de familiarité). Pourtant, ça reste pas mal, pour qui aime le style pratiqué ici, dans la mesure où l’album est porté par de chouettes mélodies (le savoir-faire suédois) et un chanteur vraiment impeccable (écoutez le refrain imparable de The Passenger, Romero est impressionnant, rien ne semble pouvoir l’arrêter).
Ainsi, je me laisse prendre par les guitares lead enjôleuses de One Word, la ligne de chant accrocheuse de The Last Wave avec ses accords de piano en fond, le charme classique (très 80s) plus AOR de Shut It Out (encore un super refrain), la plus heavy City Of Hate qui apporte un brin de noirceur à la galette ou la chanson titre qui propose une facette plus épique voire quasi symphonique. Et puis, une fois les cinq ou six premières pistes passées, mon attention commence à se relâcher... Le reste s’écoute, demeure de bonne facture, mais je finis par me lasser (même si le refrain imparable de Bringers Of The Dark me fait relever la tête) jusqu’à ce que je me fasse rattraper par l’excellente The Passenger déjà citée plus haut, bonne conclusion car mélodiquement très inspirée et efficace. Le savoir-faire général et le chant de Romero sauvent globalement (mais pas toujours) l’ensemble sans totalement annuler l’aspect un peu routinier de l’entreprise. Les amateurs ou indécrottables du genre trouveront de quoi se régaler mais ceux qui sont moins sensibles au style Karlsson ou souhaitaient plus de surprises risquent de rester indifférents.
Tracklist de One More River To Cross :
01. One Word 02. The Last Wave 03. Shut It Out 04. City Of Hate 05. One More River To Cross 06. Morning Star 07. Hunt Me To The End Of The World 08. Bringers Of The Dark 09. The Other Side 10. The Last Ship 11. The Passenger