BEYOND THE STYX "Divid",
CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm",
ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset",
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless",
VANIR "Wyrd"
Je sais déjà que je vais me faire tomber dessus, mais je m’en fous. J’ai sorti ma griffe de corbeau acérée, trempée dans une goutte de sang pour faire cette missive qui risque d’être ô combien piquante tant le groupe est allé chercher loin tout ce que je déteste. Mais avant cela, revenons au commencement de The Pretty Reckless, donc de sa chanteuse, leader et tout ce qu’on veut: Taylor Momsen. Forcément c’est son groupe, son jouet et elle en fait bien ce qu’elle veut.
La demoiselle, ancienne actrice de série pour ados et de quelques films a su, dès cette période, se faire une fan base d’ados en mal de sensations de l’autre côté de l’Atlantique. Alors passer de l’autre côté du miroir et monter un groupe de rock, et qui plus est de metal, quelle bonne idée ! Les fans vont gouter du bout des lèvres le coté sulfureux, l’interdit potentiel du metal et j’en passe. Alors quand en plus Taylor annonce avoir vécu une grosse dépression dont l’un des facteurs est le décès de son idole Chris Cornell, on frise le ridicule (sans juger nullement de ladite maladie, je me pose en interrogateur sur le fait), mais cela fait entrer la chanteuse dans la légende aux yeux de ses fans. Jusqu’en 2025 The Pretty Reckless a donc eu cette carrière très classique avec quatre albums et des salles de taille plus que respectable en sold out, mais il faut reconnaitre qu’ils touchaient surtout un public cité plus haut, sans avoir la reconnaissance de ses pairs, fort heureusement. 2025 et c’est la consécration puisqu’ils ont fait les premières parties des Rolling Stones et surtout AC/DC qui a vu le groupe de Taylor Momsen prendre son envol et leur ouvrir toutes les portes du rock et du metal jusqu’à la Mainstage du Hellfest 2026. Tout ça ok, mais alors ? Véritable phénomène ou poudre aux yeux ?
Dear God, parce que c’est bien de lui dont on parle, est le cinquième album du groupe, offre cinquante minutes de grunge légèrement survolté, mais surtout tellement téléphoné que c’en devient vite rébarbatif. On se croirait face à un disque de Hole tant Taylor imite Courtney Love jusqu’à l’usure. On retrouve ça et là des influences Soundgarden (tiens donc ? On y revient), et tout un fatras de titres que n’auraient pas juré dans les mouvements grunges des années 90. Sauf qu’on aurait surement retrouvé The Pretty Reckless aux côtés de Dandelion, Sprinkler, ou encore Failure. Ça ne vous dit rien ? Normal car ils n’ont jamais eu le talent d’un Hole ou d’un Soundgarden. Alors à quoi bon ressortir une musique plus de trente ans plus tard en espérant que l’auditeur incrédule se dise que c’est excellent, nouveau, ou encore super frais, alors qu’en fait ce n’est qu’un ersatz de ce qui se faisait à l’époque.
Mais ça, c’est mon opinion. Le groupe a toujours sa puissance de fan base derrière lui qui doit apprécier ce qu’ils font (faut gratter les gars ! On est dans une génération où on peut les trouver, les infos ! Et si pour une fois internet servait dans le bon sens…). Le groupe surfe sur une vague plutôt positive et c’est tant mieux pour eux. Moi je passe mon chemin : trop de clichés, trop de réchauffé, trop de grosses ficelles, non franchement je n’y vois pas grand-chose pour me convaincre.
Chronique Ced12
The Pretty Reckless Voilà un groupe qui ne laisse pas indifférent. De par sa chanteuse, rock star issu des séries pour ado, un peu une Jared Leto au féminin reconvertie dans le rock. Adoubée par AC/DC dont les premières parties ne sont pas passées inaperçues et au passage elle est bien la seule vu le nombre de groupes qui ont défilé avant les Boys puis ont disparu des radars quand que l’on s’en souvienne (certains à regret comme The Answer). Globalement ouvrir les boys n’est clairement pas un gage de réussite, ce serait même plutôt le contraire. La blonde déglinguée y a d’ailleurs vécu une anecdote improbable, mordue à la jambe par une chauve-souris et devant ainsi prendre un traitement préventif contre la rage.
Mais revenons à ce disque ce qui est le plus important non ? Le dernier album de The Pretty Reckless est un joli cas d’école du rapport subjectif qu’un auditeur peut mettre dans l’écoute d’un disque, d’un artiste. Ouvertement nostalgique, naviguant dans un grunge qu’on croirait tout droit sorti du début des 90’s, Taylor Momsen et son gang marchent très clairement dans les pas d’une Courtney Love, veuve de Kurt Cobain, personnage noire de la scène grunge (qui n’en a pas manqué a posteriori, ce destin funeste connu par nombre de ces musiciens qui ont profondément marqué toute une génération, que c’est triste). L’estimé Kabet a raison de pester, pour ma part, peut-être un peu moins amoureux de ce style que j’ai connu avec deux trois années de retard, la nostalgie a marché chez moi et j’ai accroché. Mais pour qui il existe une part de sacré dans cette mythique scène grunge du début des années 90, la copie peut choquer. Cette remarque s’entend.
Je le disais, point de sacralité chez moi ici et j’y ai entendu de très bons titres. For I Am Death très réussie avec cette voix écorchée, ce refrain impressionnant mais c’est vrai, le spectre de Courtney Love est très présent. When I Wake Up fonctionne à fond avec son excellent groove, cette basse incroyable qui ne semble vouloir se calmer. Et là encore gros refrain. Le son des guitares est 100% nineties, The Pretty Reckless ne réinvente rien, mais le fait plutôt bien avec un sens de l’accroche. J’ai trouvé un petit côté Aerosmith sur le refrain de Love Me, on quitte le grunge pourrai je dire ironiquement mais on reste bien dans le début des 90’s !!
Au final, un peu moins tubesque mais un peu plus dense, The Pretty Reckless reste cet étrange OMNI (Objet Musical Non Identifié) : 100% grunge, très typé 90’s exaspérant nous l’avons vu des amoureux de cette époque si marquante, mais portée non par une marginale d’un système issu du Nord Ouest Américain mais une pop star pour ados. Il est peut-être là le souci : le grunge c’est une musique de magnifiques « losers », de marginaux d’un univers lassé des rock star décérébrés californiennes. Or avec The Pretty Reckless il y a quelque chose d’un peu fake, cette blonde déglinguée certes charismatique et très douée mais qui reprend une imagerie si forte, si authentique. Si ancrée dans une réalité qu’elle n’incarne pas. Les contradictions d’une époque qui peinant à créer reprend des vieux schémas en mode fan service. Le look est là, l’attitude mais il manque cet ancrage au Réel. Le talent y est, ce disque, perso je le trouve très bon. Le personnage ne me dérange pas mais à la lecture d’un Kabet, cela ne fait pas l’unanimité et ça s’entend. A chacun de sa faire son avis. Pour moi The Pretty Reckless est un pur produit de son temps, l’illusion est géniale, Taylor Momsen s’adresse à un public qui n’a pas connu le grunge, qui fantasme cette scène qui a tant marquée par sa sincérité, son authenticité (au début comme pour toute scène qui finit par être rattrapée par une Industrie vorace). Là est son fonds de commerce : recréer une époque. Un traditionnel choc des Générations en somme.
Note de Ced12 : 16
Tracklist de Dear God : 01. Life Evermore Pt.2 02. For I Am Death 03. When I Wake Up 04. Love Me 05. Dragonfire 06. Dear God 07. Life Evermore Pt.3 08. About You 09. Spell On You 10. Rollercoaster Of Life 11. Eye Of The Storm 12. Devil In Disguise (Michelle’s Song) 13. Dark Days 14. Life Evermore Pt.1