Huit ans après Oddfellows, le super groupe Tomahawk revient aux affaires. Ça fait long l’attente
pour les fans du Sieur Patton.
Duane Denison (guitare, The Jesus
Lizard), John Stanier (batterie, Helmet), et Trevor Dunn
(bassiste, Mr Bungle, Fantômas) qui accompagnent Mike ont certes pas
mal traînés avant de proposer la suite mais l’attente valait le coup. Comme toujours
avec les groupes de Mike Patton, il est très difficile de savoir à quoi
s’attendre avant d’écouter un album d’un de ses groupes. Et bien Tomahawk ne déroge pas à la règle. Une seule
chose est sûre : il faut s’attendre à être surpris, à entendre de
nombreuses expérimentations, prises de risques, originalités et autres sonorités
peu communes.
Tonic Immobility en regorge. Ainsi cette guitare,
discrète au riff aigu sur SHHH! et l’accélération brutale qui
suit nous surprend et nous scotche une première fois. Ce même genre de riff se fait
entendre également sur Predators And Scavengers, même si le morceau se
révélera être plus saccadé et barré. Ce morceau met aussi en valeur la
voix de Patton qui s’en donne à cœur joie et varie les flows, les
rythmes, passant du mélodique à l’ultra agressif, du jazzy au hardcore screamo. Le
même sentiment de liberté vocale se fait aussi ressentir sur Valentine
Shine.
Le côté jazzy et mid-tempo est quant à lui aussi
présent sur Doomsday Fatigue et Howlie, même si Howlie devient
complètement fou à la fin du morceau. Quant à Fatback, un autre univers
est ici exploré. Son rythme lancinant et qui tient en haleine me fait penser à un film
à suspens, un polar sombre, un thriller glauque. C’est aussi ça
Tomahawk, des impressions, de l’abstrait, du ressenti, chacun se fait son
idée et fait travailler son esprit, de l’art quoi. Rares sont d’ailleurs les titres
metal plus classiques, peut-être Valentine Shine et Business Casual, avec tout
de même quelques montées dans les tours fort agréables.
Si on devait faire un parallèle avec ses autres groupes,
Tattoo Zero n’aurait pas été renié par Faith No More,Patton à la voix de crooner
passant d’un coup à une voix beaucoup plus agressive. L’art du contre-pied.
Eureka est le morceau planant de l’album, comme une
introspection, une méditation.
Recoil est quant à lui le morceau le plus opposé
en comparant son début et son finish, ça démarre façon reggae et ça
se termine façon math metal.
Au final on se retrouve avec un album varié, parfois surprenant,
parfois enivrant, globalement agréable et souvent très bon.
Du bon Tomahawk en somme, un album dont on ne se
lassera pas de sitôt, tellement de choses se passent tout au long de ces 12 titres.