Ouh la la, un Tranzat breton mais pour quoi faire ? Et bien contrairement au bain de soleil made in Bretagne, Tranzat n’est pas là pour nous laisser du répit un jour de beau temps, mais bien pour nous secouer dans tous les sens. La quatuor composé de Manuel Liegard au chant et à la guitare, de Nicolas Galakhoff à la basse, de Benjamin Arbellot à la seconde guitare, et de Thomas Coïc à la batterie, propose une sorte d’hybride, principalement prog, avec une touche de riff qui sait faire remuer la tête, une sacrée dose d’originalité, et une pointe de décalage dans la manière d’appréhender l’imagerie "Metal".
L’album ouvre avec Shall We Dance?, et je crois que oui, puisqu’il est tout à fait possible de remuer du boule sur ce titre. La première impression a été de me dire que les gars ont été biberonnés, non pas au chouchen, mais à grand coup de Trepalium. Le riff principal groove, et les contre pieds sont nombreux. La voix se rapproche fortement de la manière dont Renato Di Folco met en valeur ce type de composition, à la fois rentre-dedans et heavy. Un premier titre très accrocheur, qui n’augure pas du tout la suite de l’album.
S’ensuit Lobster Beaujolais, un titre qui n’aurait pas fait tâche dans la discographie de Mr. Devin Townsend, riffs accrocheurs, aussi lourds que fins, et surtout le groupe arrive à créer une ambiance à la fois classe et rock’n’roll sur ce titre, ce qui le rend on ne peut plus original ! Les montées en puissance sont très bien faites, et lorsque le groupe enclenche les parties plus aériennes du titre, la voix se mue en quasi-clone de Devin, c’est bluffant !
Troisième titre, Mr. Awesome qui débute avec un clin d’œil certainement à Faith No Moreavec "King For a Day" dans les paroles. FNM fait manifestement partie des influences prégnantes du groupe. Et là encore, la voix se rapproche des intentions de Sir Patton. Et là encore le groupe éclabousse par sa capacité incroyable de compositions ! La grande classe !
Et c’est bien cela qui fait la force de Tranzat, c’est d’être en capacité de composer pour surprendre et surtout ne pas être dans la redite. Je pourrais faire une chronique track by track mais cela n’aurait que peu d’intérêt, c’est un album qui est à écouter avant la fin du monde !
Qu’est ce que c’est agréable ! Enfin un groupe original, qui n’hésite pas à s’aventurer dans moult styles, et reste systématiquement convaincant ! Malgré les samples d’apéro entre amis, un riff Happy Birthday, et bien d’autres surprises, c’est systématiquement bien fait et même le côté décalé des compositions ne prend jamais le pas sur la qualité, et évite ainsi la caricature. Savoir doser c’est essentiel, et je peux vous assurer que le groupe possède une balance électronique intégrée.
Dans la rédaction, de temps à autre, nous orientons les collègues vers des albums en pensant avoir trouvé une pépite pour ceux qui aiment le style. Et bien là je dois remercier le zami Phil-C (à prononcer à l’anglaise !!) qui m’a trouvé cette pépite. J’ai toujours adoré Townsend pour ses prises de risques, et je n’ai jamais comparé aucun groupe à lui, c’est aujourd’hui chose faite. Si vous êtes en temps soit peu sensible aux références citées dans cette chronique, je ne saurais trop vous conseiller cette découverte. Oui mon bon Phil, Ouh La La est peut être déjà mon album de l’année !
Tracklist de Ouh La La :
01. Shall We Dance? 02. Lobster Beaujolais 03. Mr. Awesome 04. Climbing Tibetan Mountains to Learn the Secrets of the Mind 05. Lord Dranula 06. Morning Glories 07. My Dear Washer 08. Pillow Fight 09. Global Warning