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VITAL REMAINS
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C H R O N I Q U ECette chronique pourrait se résumer en un seul mot, ou plutôt une onomatopée : "Ouch !". Faut dire que là, c'est du vilain. Du très vilain. Vital Remains est en fait l'oeuvre de deux personnes, Tony Lazzaro et Dave Suzuki, qui assurent la performance sur tous les instruments à eux deux. Les plus fins observateurs me glisseront qu'il manque une voix dans tout ça. Et bien, comme si ça ne suffisait pas, le père Glen Benton himself est revenu pousser la chansonnette, pardon, la gueulante, sur cet opus. Ce qui fait d'Icons Of Evil la deuxième participation du frontman de Deicide au projet Vital Remains. "Ouch !" je disais donc. Mais par où commencer... L'emballage, tenez. Un christ plutôt décrépi, agonisant, en train de se faire clouer par une main tenant un marteau gravé du fameux 666, la bague sataniste au doigt. Tout un programme, me direz-vous. Faut dire qu'ils ne sont pas là pour rigoler, nos gars de Vital Remains. Parce qu'une fois la galette dans le lecteur, c'est pire que l'enfer qui débarque chez vous. Sérieusement, ils nous feraient passer Belzebuth, Lucifer et toute la clique pour une galerie de Pokemons tellement ils allument. Cet album est un pur concentré de violence, de haine, de satanisme, de boucherie... Ou comment fusionner le brutal death et le black metal. Alors là, danger, me direz vous. Encore un de ces albums qui se contente de blasts interminables... Et bien non. Presque ! Presque, parce que faut dire que ça blaste grave, mais aussi parce que les passages savent se varier, le tempo ralentir (un peu, hein, et pas trop longtemps non plus), et les mélodies se poser. Car quand le groupe prend un peu son temps, les mélodies surgissent de manière diabolique (elle était facile...), captant nos oreilles terrorisées pour mieux les rassurer : c'est bien en enfer que nous irons en écoutant cet album. Le titre "Reborn...The Upheaval of Nihility" réussit même l'exploit de faire chanter... heu, gueuler le sieur Benton sur un court passage de guitare classique, fort joli d'ailleurs. Les titres sont longs, denses, et à la fois faciles (pour la qualité de la production et la grande audibilité de cette tuerie) et difficiles (pour l'exigence des morceaux, sans concession aucune) d'écoute. Bon, il y a juste une petite exception dans tout ça : "Disciples of Hell", qui se trouve être une reprise d'Yngwie Malmsteen. Au final, le gentil morceau d'Yngwie n'a plus grand-chose de gentil, justement ! Voilà pour l'ambiance. Sympa, hein ? Alors un peu de technique maintenant. La production de l'album est très bonne, permettant d'apprécier la rapidité d'exécution des musiciens. Certes, la basse est un peu sous-produite, mais ce n'est pas la première fois dans le metal extrême (quoiqu'on l'aperçoive dans "Shrapnel Embedded Flesh"). Et heureusement que la production assure, je n'ose même pas imaginer le cafouillage cacophonique que cela aurait pu donner avec une production de seconde zone. Bon, il faut dire que Vital Remains s'est offert les services d'Erik Rutan, qui n'est autre que le producteur de Cannibal Corpse. Donc autant dire que le monsieur s'y connaît en termes de blasts en règle. Je me permettrai un petit conseil pour ceux qui seraient tentés de faire l'acquisition de cet album : prévoyez d'arrêter toute activité pendant l'écoute, sinon vous allez passer à côté de la moitié de l'album, et vous reviendrez en vous plaignant que le batteur il fait n'importe quoi. C'est un album exigeant, qui demande que l'on prenne le temps de l'écouter, et même de réunir des conditions d'écoute optimales pour en profiter. Alors vous éviterez les MP3-caca pour commencer. Télécharger c'est mal, déjà, et en plus vous aller vraiment passer à côté de l'album. Le chef vous conseillera un fauteuil bien confortable, une chaine digne de ce nom, et un vin de votre meilleur crû pour accompagner dignement la soirée qui se prépare à l'écoute de ce rejeton des enfers... En conclusion, Icons Of Evil est un opus des plus impressionnants, à réserver aux oreilles les plus averties. Je serais tenté de dire qu'il est "extrêmement" extrême. L'album est réussi, l'objectif est atteint, voire même dépassé. Je ne l'écouterai pas tous les jours tellement il est exigeant, mais je dois avouer ressentir une sorte de sentiment jouissif à chaque fois, et que l'album a quelque chose de génial. Faut dire que c'est vraiment du très vilain tout ça. Et ne vous étonnez pas de voir des cornes vous pousser sur le front après quelques écoutes... mouhahahahaha !!! | ||||||||||||||