Vulture Industries

Artiste/Groupe

Vulture Industries

CD

The Tower

Date de sortie

Septembre 2013

Label

Season of Mist

Style

Dark Metal Progressif

Chroniqueur

Azagtoth

Note Azagtoth

14/20

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C H R O N I Q U E

Se plaçant depuis leur premier album, The Dystopia Journals (2007), parmi les héritiers directs d’Arcturus, Vulture Industries a fait son bonhomme de chemin entre-temps en poursuivant sa mutation sur le suivant, The Malefactor’s Bloody Register (2010), s’éloignant volontiers de sa base black metal tout en accentuant ses tendances progressives et «avant-gardistes».

C’est donc avec ce dernier, The Tower, que se poursuit l’aventure du quintet norvégien, sorti chez Season Of Mist. L'album a été mixé par le claviériste d'Enslaved, Herbrand Larsen, et masterisé par Jens Bogren -qui a travaillé avec Katatonia, Amon Amarth, Draconian, Ihsahn notamment.
La comparaison avec Arcturus est de moins en moins pertinente avec le temps, car on sent désormais une orientation plus dark metal que black ; le chant criard caractéristique, qui demeurait à peu près le seul élément black de leur musique, n’est presque plus d’actualité (un passage très court sur Sleepwalkers). Vulture Industries est d’ailleurs moins extrême qu’auparavant, les guitares sont moins présentes et agressives, il y a même quelques ballades.
Ce qui pourrait être perçu comme un ramollissement de leur part m’a en fait paru comme un changement nécessaire pour développer leur personnalité, à présent d’autant plus forte.

Déjà, le chant théâtral et grandiloquent de Bjørnar Nilsen, combiné à son talent de claviériste et la versatilité des sons qu’il en sort donnent à la musique cette ambiance vaudevillesque et un ton presque burlesque, comme si l’on avait affaire à la bande son d’un film muet des Années Folles en version gothique.
Le groupe joue là-dessus depuis l’album précédent déjà, ce qu’on notait d’emblée à travers le graphisme de la pochette.

Le titre bonus, Blood Don’t Eliogabalus, reste mon préféré de l’album en ce qu’il montre tout ce dont le groupe est capable : le piano de saloon qui casse régulièrement le «sérieux» de la base progressive et qui va de paire avec les interventions vocales extravagantes de Bjørnar Nilsen, rejoint par les guitares qui jouent leurs gammes descendantes et ascendantes ; tout un cirque ! Tout cela alterné avec des passages plus sombres, encore que ça paraisse presque grand-guignolesque pour le coup. Ce morceau m’a rappelé les ambiances à la Kate Bush.


Comme pour les précédents albums, les Norvégiens ont fait appel à des musiciens de session pour le saxophone, l’harmonica et les choeurs. Les interventions sont toujours pertinentes et enrichissent considérablement la musique.

Voici encore un bel accomplissement de la part de Vulture Industries, qui continue d’évoluer dans sa propre sphère progressive et avant-gardiste comme on aime l’appeler. Leur premier album reste mon préféré, car il dosait habilement l’agressivité du black avec les mélodies progressives et ce grain de folie qui leur appartient. Mais, je le redis, l’adoucissement de leur propos m’est apparu comme nécessaire pour préserver l’essence de leur personnalité et leur donner une marge d’évolution considérable.




Tracklist de The Tower
:

01.    The Tower
02.    Divine – Appalling
03.    The Hound
04.    Blood On The Trail
05.    The Dead Won’t Mind
06.    A Knife Between Us
07.    The Pulse Of Bliss
08.    Sleepwalkers
09.    Lost Among Liars
10.    Blood Don’t Eliogabalus
(Bonus Track)

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