Voici le premier album pour ce jeune groupe de Dole, les Jurassiens ont déjà eu l’honneur de nos pages puisque j’avais déjà chroniqué leur précédent EP. Celui-ci c’était d’ailleurs avéré être de bonne facture. Re-voici donc la bande des quatre avec un bien bel album au superbe artwork garni de quatorze titres.
Oui, Waking The Sleeping Bear a des choses à nous dire, et en français. Langue qui se prête bien aux paroles percutantes de Adrien Pate. Les thèmes abordés égratignent comme il se doit nos politiciens véreux, font preuve parfois de nostalgie en nous démontrant que c’était mieux avant, mais n’oublient pas aussi de nous secouer et nous inciter à nous réveiller et à se révolter plutôt que de s’apitoyer sur notre sort. Et musicalement ? Le progrès est énorme, on sent assez rapidement que le jeune groupe prometteur décelé sur leur premier EP est en train de tenir toutes ses promesses. Bond en avant au niveau du son avec une très bonne prod, paroles plus abouties, variétés musicales et sonorités nombreuses, tout semble plus poussé, mieux travaillé, poli dans les moindres détails. Et autre point appréciable, cet album de quatorze titres ne souffre pas de remplissage inutile.
Sur cet album il y a pléthore d’invités et d’instruments différents qui apportent une couleur et un style bien distinct selon les titres. Nous retrouvons donc Joffrey Boyer alias Jee DeLeboy du groupe Ask, la chorale des Tongues Joviales sur Plus Rien A Perdre, Métastases et Catastase, la troupe de L’esprit Fût avec des percussions sur baril sur Protase (Punks Not Dead), Des Heures et Caryocinèse, le batteur Arthur Galtier est au djembé, maracas, ocarina et différents bruitages sur Protase (Punks Not Dead), également au Darbuka sur Caryocinèse et enfin aux timbales, vibraphone, gong, piano et chœur sur Catastase, le bassiste Simon Bellot joue du Didjeridoo sur Caryocinèse et de l’accordéon sur Soldat Du Sommeil, Denis Teste joue de la sitar sur Caryocinèse et enfin Guillaume Bidal joue du violon sur Catastase. Tout cet enrichissement musical confirme le travail de fond du groupe, mais aussi dans les détails, la base restant fusion mais les contours prennent des directions différentes comme Des Heures qui est très metal tribal, Caryocinèse qui s’oriente plus metal oriental, Nouvelle Dissidence étant assez indus metal avec de nombreux samples.
La Tête A L’Envers permet d’apprécier à nouveau le flow et la gouaille de Leboy, bon complément avec la voix de Adrien.
L’examen du premier album est réussi haut la main, le travail est bien fait, le plaisir d’écoute est là. Waking The Sleeping Bear n’a pas vécu sur ses acquis mais plutôt enrichi son patrimoine musical avec un album qui mérite le respect. Good job !