Artiste/Groupe:

Walter Trout

CD:

Alive In Amsterdam

Date de sortie:

Juin 2016

Label:

Mascot / Provogue

Style:

Blues Rock

Chroniqueur:

Didier

Note:

15/20

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Walter Trout, prononcez "Tra-aout" pour faire plus américain, ne me dit absolument rien quand je glisse le premier CD de ce double Alive In Amsterdam dans mon PC. Et pourtant, 105 minutes plus tard, je l'ai noté dans la liste des albums dont il faut que je vous parle. C'est du blues, tendance blues-rock, certes, mais je sais que comme moi, certains d'entre-vous sont réceptifs à des albums de Stevie Ray Vaughan, d'Albert King, de Gary Moore, ou même ne crache pas sur un bon vieux ZZ TOP. Alors pour ceux-là, et ceux-là uniquement (j'aurais prévenu), je voudrais attirer votre attention sur cet artiste américain, né en 1951, qui a joué avec Canned Heat, et John Mayal & The Bluesbreakers, qui connait personnellement Bo Diddley ou encore BB King. Un vrai bluesman, qui avait un moment disparu de la scène pour des soucis de santé, mais qui est de retour (il le répète plusieurs fois dans le live : "I'm Back") et qui, comme souvent avec les musiciens de blues, se transcende lors de ses concerts. Ca tombe bien puisque ce Alive In Amsterdam est justement l'une de ces soirées magiques, enregistrée au Royal Theatre Carré d'Amsterdam. le choix de cette date n'est pas anodin puisque Walter a toujours reçu un accueil très chaleureux en terres bataves, et ce depuis toujours, et il les remercie en quelque sorte, avec ce double album.

Derrière ce patronyme original (Trout veut dire "truite" en anglais) se cache un excellent guitariste de blues, très inspiré, doublé d'un chanteur à la voix un peu cassée mais puissante. Son style guitaristique est à caser quelque part entre Gary Moore, Billy Gibbons et Jeff Beck. Son dernier album en date, Battle Scars, sorti fin 2015 (dix-huitième album solo et quarante-deuxième auquel il ait participé !) a reçu les éloges de la presse, et lui a valu de nombreux prix. C'était aussi son retour à la vie après ses graves soucis. D'ailleurs le titre Alive In Amsterdam, n'est pas non plus anodin, ça n'est pas juste "Live In Amsterdam", car c'est un jeu de mot qui insiste sur le fait qu'il n'est pas passé loin du trou, mais qu'il est bien vivant aujourd'hui ("alive"), prêt à en découdre sur scène.

Ca tombe bien car le public l'attend de pied ferme et après l'introduction de Marie, son épouse, la salle lui fait déjà une ovation qui le laisse sans voix, et il préfère laisser parler sa guitare explique-t-il. Il attaque ensuite Play The Guitar, un bon 12 bar blues dont il a le secret. L'accompagnent sur scène Michael Leasure (batterie), Sammy Avila (orgue Hammond) et Johnny Griparic (basse). Son fils Jon Trout apparait sur Rock Me Baby, sur lequel père et fils se lancent dans un concours de celui qui pisse le plus loin version solo de guitare. Outre son fils, un autre invité le rejoint sur scène, le chanteur, guitariste Andrew Elt.


Sur les quatorze morceaux, sept sont extraits de son dernier album (Almost Gone, Omaha, Tomorrow Seems So Far Away, Playin’ Hideaway, Haunted By the Night, et Fly Away). On trouve aussi deux extraits de sont album Prisoner Of A Dream (Say Goodbye to the Blues qu'il dédie à BB King et The Love That We Once Knew). La section rythmique de Michael et Johnny est impeccable, avec notamment des lignes de basse superbes sur tous les morceaux. Sur Serve Me Right to Suffer, on a droit à un court solo de batterie. Tout au long de ce concert, on sent Walter mettre tout son cœur dans sa musique, il parle vrai, se livre. Dans Omaha il parle de sa transplantation de foie, dans la reprise de Luther Allison, I'm Back, il annonce : "voilà un morceau avec un message !" La plupart des morceaux sont très blues-rock, avec un petite touche de country sur Please Take Me Home. Outre cette reprise de Luther Allison, on trouve aussi celle de Sonny Boy Williamson II, Help Me et celle de BB King, Rock Me Baby. La foule réagit bien, elle l'interpelle et, par exemple, quelqu'un réclame le petit instrumental Marie's Mood, et du coup, Walter le joue, et plaisante en expliquant que ce n'était pas prévu. D'ailleurs j'ai lu que Walter et son groupe n'ont pas de setlist, ils jouent selon leur feeling. Pour moi le point d'orgue de ce live est le morceau Playin’ Hideaway, super groovy et qui sonne pas mal comme du très bon ZZ TOP.

Au final je suis conquis. Et je lisais cette excellente blague sur le blues l'autre jour sur FB, qui disait : Tu sais ce qui se passe quand tu passes du blues l'envers ? Et bien, ta femme revient et ton chien ressuscite... En tout cas, mélancolique ou pas, même à l'endroit, moi, ce Alive In Amsterdam, m'a fait l'effet d'une séance d'osthéo : Ca m'a tout remis en place.




Tracklist de Alive In Amsterdam :

CD1:
01. Marie’s Introduction
02. Play The Guitar
03. Help Me
04. I’m Back
05. Say Goodbye To The Blues
06. Almost Gone
07. Omaha
08. Tomorrow Seems So Far Away
09. Playin’ Hideaway
10. Haunted By The Night (Live)

CD2:
01. Fly Away
02. Please Take Me Home
03. Rock Me Baby
04. Marie’s Mood
05. Serve Me Right To Suffer
06. The Love That We Once Knew