Warrant

Artiste/Groupe

Warrant

CD

Rockaholic

Date de sortie

Mai 2011

Style

Hard FM

Chroniqueur

Hellblazer

Note Hellblazer

14/20

Site Officiel Artiste

Myspace Artiste

C H R O N I Q U E

Ah, Warrant... rien que le nom vous amuse ? Et pourtant, si le glam rock a vécu ses heures de gloire dans les mi-eighties / début nineties, il n'est jamais vraiment mort et a trainé son étincelle jusqu'en 2011, où pas mal de nouveaux venus dégainent leurs six-cordes aussi vite que leur bombe de laque. Pas toujours avec réussite, d'ailleurs, certains restant de ridicules parodies de leurs héros en spandex, d'autres tirant mieux leur épingle du jeu. Dans tout cette jungle, où en est Warrant ?

Depuis 2008, Jani Lane a quitté le navire, remplacé par Robert Mason, ex-Lynch Mob (entre autres), et ce n'est que cinq ans plus tard que le combo donne naissance au successeur de Born Again (2006). Alors, quid de ce Rockaholic (au nom pas franchement créatif mais en tout cas sincère) ? Eh bien dans l'ensemble pas mal du tout, pour tuer le suspense tout de suite. Pas prise de tête, pas de textes alambiqués, pas de titres à tiroirs... Bref, vous l'aurez compris, on est dans du glam pur et dur, mais de bonne facture. L'idée est de faire la teuf en faisant mouiller quelques culottes au passage, et de faire parler les guitares sans trop élever le débat (c'est sûr que l'écriture des textes n'a pas du prendre bien longtemps).

Axés sur du mid-tempo burné, l'album fait la part belle à la voix superbe de Mason, qui représente sans surprise la grande famille des chanteurs de sleaze... on l'imagine facilement en jeans déchiré avec permanente et poses lascives. De la puissance, il en a, du caractère aussi, et il emmène avec brio ce navire de fêtards qui ne veut pas abandonner la galère. Fort heureusement, le groupe a su se doter d'un son moderne (plus particulièrement mis en lumière sur Dusty's Revenge, par exemple, très bon morceau mid-tempo rehaussé d'un rythmique qui tue et d'un refrain imparable, ainsi que d'un solo costaud et d'une petite intro façon Wanted Dead or Alive du grand frère Bon Jovi). On est parfois proche d'un Winger, en moins subtil mais tout aussi investi dans sa mission de faire péter les watts (et les fûts de bière).

A l'image du premier titre (Sex Ain't Love... non mais les gars, ça existe encore, des titres pareils ?) et de son suiveur (Innocence Gone), la démarche est vraiment sincère et on sent que les mecs y ont mis tout ce qu'ils ont. Alors oui, face à des "nouveaux venus" hyper créatifs (Au pif, The Mars Volta, Korn, etc.), c'est sûr, le glam, ça sent le réchauffé, pour ne pas dire le sapin. Mais si vous isolez l'oeuvre, elle vous paraitra mieux que pas mal... bonne, même ! A condition par contre de faire l'impasse (ah non, là je ne peux pas !) sur Home, l'incontournable slow qui tue (les oreilles) aux multiples couches de miel. What Love Can Do avec sa rythmique sympa (par contre les claviers façon eighties, c'est limite) rappelle carrément Def Leppard (période Hysteria Animal en bien moins inspiré). Life's A Song bénéficie d'un riff costaud (qui ne réinvente pas la poudre, mais bon...) qui fait bien le boulot et colle bien aux vocaux modulés agréablement. Faut pas trop bloquer sur les lyrics (enlevez-leurs les mots "love", "baby", "wow", ils vont se sentir à poil). Très bon titre bien balancé qui aurait fait premier de la classe sur MTV en 1988... oui mais bon, on a pris treize ans, et ça compte. Ils ont même osé un Show Must Go On (couillu, non ?), qui pour le coup est assez speed, plutôt convaincant, armé d'un riff sérieusement tournoyant et d'un gros son. Rien à voir avec la bande à Freddy, of course, je vous rassure. Mention spéciale aux soli, pas omni-présents et résolument modernes, bravo. Cocaine Freight Train rappelle, lui, Guns'n'Roses, sans vergogne, rapide et fun, mais sans l'étincelle des recordmen de vente d'un premier album. Harmonicas, effets de gratte, on sent qu'un vrai boulot a été fait. Found Forever marque le second slow, plutôt sympa ma foi, mais n'échappant pas aux clichés du genre (crescendos larmoyants, "don't you ever let me go" et autres claviers...).

Candy Man se révèle bien plus intéressant, et en impose carrément d'emblée avec d'abord un riff extra puis une rythmique béton derrière. Mis à part les choeurs dispensables (des répulsifs "without youuuuuuuu" qui enlèvent une bonne dose de testostérone à l'ensemble), voilà un titre très bon, qui renvoie à Def Leppard new age (Songs From The Sparkle Lounge). Ca envoie du gros (attention, c'est pas non plus du Machine Head). C'est là que déboule Sunshine, avec son riff velu qui détonne un peu avec les parties les plus mielleuses du chant. Par contre, quand Mason veut se donner la peine, il arrache bien. Néanmoins un bon titre burné et inspiré. Tears in The City va faire brûler les doigts qui tiennent les briquets en concerts et mouiller les culottes de celles dont les mecs tiennent les briquets. Pas franchement slow, ni titre couillu, un peu entre les deux, et une bonne surprise, où j'aurais enlevé quelques claviers superflus, mais bon, on ne peut non plus demander l'impossible. The Last Straw conclut la galette en force sur une rythmique de gratte mitraillette, Mason me rappelant fortement Joe Elliott, excellent chanteur sur ce dernier titre. Musicalement, les gars en veulent, ça rocke sévère, les gonzesses des premiers rangs headbanguent sec. Alleeez, je rigooole, soyons objectifs : c'est vrai que les guitares envoient bien, suivant une batterie rapide.

Globalement, excellente surprise pour trois raisons majeures : le son moderne, la voix de Mason et l'inspiration globale des titres, qui proposent de chouettes mélodies. Pas trop de claviers, bonnes grattes... ils ont tout pour eux. Seul problème : ils arrivent 10 ans trop tard.

Tracklist de Rockaholic :

01. Sex Ain't Love
02. Innocence Gone
03. Snake
04. Dusty's Revenge
05. Home
06. What Love Can Do
07. Life's A Song
08. Show Must Go On
09. Cocaine Freight Train
10. Found Forever
11. Candy Man
12. Sunshine
13. Tears In The City
14. The Last Straw

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