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We All Die (Laughing)
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C H R O N I Q U EDans cette chronique, il est question d’un album assez particulier, fruit de l’union de deux hommes : l’incroyable Arno Strobl (6h33, Carnival in Coal….), touche à tout à la voix fabuleuse et Déhà (Deos, Deviant Messiah…) qui s’occupe de l’instrumentation et des chœurs. J’ai beau ne pas aimer tous les projets auxquels il a participé, j’admire Arno Strobl pour son éclectisme et en ce qui concerne Déhà, je ne peux que le féliciter pour l’écriture de cette œuvre à la fois audacieuse et touchante. J’ai un intérêt plus que modéré pour le dark metal, froideur venant d’ailleurs certainement plus du nom du genre plutôt que des groupes en eux-mêmes. Mais je n’ai eu connaissance de la classification de cet album qu’après coup, c’est pour ça que vous en lisez la chronique aujourd’hui… Et quel album ! Ou plutôt devrais-je dire quel morceau ! Car l’album Thoughtscanning n’est en fait composé que d’un seul morceau, Thoughtscan (La version CD comprend une reprise de Amy Whinehouse). Et pour composer un seul morceau de plus d’une demi-heure, il faut avoir l’inspiration, mais il faut aussi avoir du cran car ce n’est pas vraiment vendeur (oui je sais qu’il y a déjà eu plus long et plus ambitieux, mais mon objectif n’est pas de comparer qui a la plus grosse). Thoughtscan fait partie des morceaux qui laissent sur le cul. Parfait de bout en bout. L’attaque se fait délicate, des notes résonnantes retentissent faiblement en boucle, déjà emplies de tristesse. Elles continuent tandis que le morceau monte en puissance. D’abord apparaît une guitare plus saturée, puis vient la majestueuse voix d’Arno Strobl, tout en puissance et en chaleur, et pourtant emplie d’un désespoir stoïque. Puis les hurlements écorchés, déchirés, mutilés, font leur apparition, évocation même de la plus profonde désolation de l’esprit humain. Sortez les lames de rasoir… Pas sûr qu’il soit très sain d’écouter cet album si l’on sort de dépression, même s’il doit être possible d’y trouver une puissante résonnance. Mais pour un individu heureux de vivre aux pulsions suicidaires profondément enterrées, cet album est une source de frissons, d’émotions fortes et prenantes. La catharsis des tragédies grecques. On bouillonne intérieurement, on vibre. Je vous convie à vous pencher sur ce morceau/cet album, pour sa puissance évocatrice, la maîtrise dans sa composition… A aucun moment, je ne m’ennuie ; je suis porté par ce maelstrom tordu et sans issue, et j’espère que vous le serez aussi !
Tracklist de Thoughtscanning : 01. Thoughtscan Venez donc discuter de cette chronique, sur notre forum ! | |||||||||||||||||