WHOURKR

Artiste/Groupe

WHOURKR

Album

Naät

Date de sortie

04/2007

Style

Electronic-Death

Chroniqueur

Damien

Note

16/20

Site Officiel

http://www.whourkr.com/

C H R O N I Q U E

WHOURKR. Avec un tel nom, on est en droit de s'attendre à un grind des plus horrible, un album doté de gruiks et de pistes de 30 secondes jouées par des dingos à 3000 à l'heure. Mais non. D'abord, Whourkr est français. Le groupe a été créé par deux psychopathes outsiders de la scène électronique extrême. Il paraît que tenez-vous bien, le but de ce groupe est de brasser l'electronica et le death ! Rien que ça ! Et devinez quoi ? Ils ont réussi ! La greffe prend à la perfection et les growls Death sont mixés à un electro barbare et soutenus par un riff ravageur : le mammouth est lancé.

Ouverture du bal musette avec "Komniu". Le groupe ne souhaite pas s'embarasser de paroles, la voix étant utilisée comme un instrument à part entière. Soit. "Start". Un hurlement digne de Jens Kidman nous saute à la tronche sur une mixture digne de Meshuggah. Direct. Un riff saute tel un clown dans sa boîte maléfique et c'est parti. Pas de sens, une humanité aux abonnés absents et surtout pas de quartiers : éradication pure et simple de toute logique. La production porte parfaitement les ahem "compositions" du groupe, faisant ressortir quasiment chaque détail.

"Nritt" démarre à 1000 kilomètres heures, un riff tordu et bizzaroïde tournoie. Et là, la musique de chambre apparaît, comme ça, surgit de nulle part, au clavecin et violons, elle s'enraye et laisse un paysage dévasté apparaître. "Cera" nous paraît presque balisé, si ce n'est sur ce pilonnage intensif qui sort d'on ne sait où. Et le cauchemar de devenir réalité.

"Nhosg" démarre acoustique, balance la sauce puis dérape. Un homme se transforme en monstre. On entend des hurlements de damnés, étouffés, intérieurs, un dément devient monstre, ses cris étouffés de l'intérieur de l'asile montent, il devient inhumain. Imaginez. Mike Patton qui fait de la beatbox en devenant un lycan (ou un loup-garou, c'est pareil). Le tout dans le cachôt d'un château fort, sous l'orage, une nuit de pleine lune. Voilà pour l'ambiance.

"Yum Nho Na't" dénué de voix blast simplement de son mélange électro Death. "W", simple test bruitiste où un son électro nous traverse pendant 8 secondes ouvre la voix à "Hackta". Démarrant sur un véritable hurlement de guerre, Whourkr franchit ici les dernières limites en terme de barbarie, aussi bien au niveau vocal que musical. Un nouveau pillonage, réduisant simplement la musique à du bruit.

Whourkr réduit en cendres les dernières limites en terme de sauvagerie, le groupe annihile les groupes prétendument les plus violent, Behemoth devenant les petits chanteurs à la croix de bois et The Berzerker devenant un ersatz de notre bon vieux Johnny Hallyday tant ces groupes semblent presque pop comparés à cet assaut de furie venu d'un autre monde. Irréel, barbare, sauvage, inhumain, (presque) sans tomber dans le n'importe quoi, le gros coup de coeur de l'année et assurément la découverte sauvage du siècle. Il ne nous manque plus qu'une dimension à la Coprofago et la folie est complète.