Avec un nom de groupe pareil, vous vous dites "voilà encore un combo descendu des grands espaces nordiques qui va nous filer notre dose de Pagan Viking bien velu"... Pas du tout, ma brave dame. La "Horde de l’hiver", elle vient non pas du froid mais d'un pays gorgé de soleil où l’on fait pousser les oranges et où la neige ne fait que de très rares apparitions : Israël.
Déjà auteur de deux albums très réussis (je ne connais pas le premier) mais passés à peu près inaperçus (Nebula en 2006 et Underwatermoon en 2010), le septuor (oui, ils sont sept dans ce groupe : deux chanteurs, deux guitaristes, un bassiste, un claviériste et un batteur) nous livre son quatrième album, intitulé Maestro. Il s'agit d'un album concept dont je n'ai pas trop compris l'histoire mais on s'en fout un peu, l'essentiel n'est pas là. L'essentiel, c'est la musique.
Qui dit musique dit étiquette qu'on va coller dessus. Oui, ben je ne vous cache pas que c'est là que réside toute la difficulté. Définir la musique de Winterhorde en un ou deux mots comme on le fait habituellement me paraît assez vain. Black, Dark, Death, Orchestral, Progressif... voilà quelques termes qui peuvent convenir. Prenez là-dedans ce qui vous convient et c’est parti. Oui, Winterhorde regroupe un peu de tout cela : parties qui blastent à fond les ballons (Worms Of Souls), belles parties en chant clair (Worms Of Souls), growls profonds (Worms Of Souls), parties progressives (Worms Of Souls), parties orchestrales (Worms Of Souls) et chœurs (Worms Of Souls)... Ca y est, il a buggé le chroniqueur, il nous a collé six fois le même titre ! Non, non, pas d’inquiétude, c'est fait exprès, une manière de vous montrer que toutes ces parties différentes, on peut les trouver au sein d'un même morceau. Ajoutons à tout ceci quelques touches de chant féminin (They Came With Eyes Of Fire, The Heart Of Coryphee) ainsi que l'utilisation d'instruments plus exotiques comme violons et flûtes et même du saxo (Cold)... Alors, oui, c'est plutôt dense (d'autant que le disque dure plus d'une heure). On n'entre pas dans cet album en une écoute et demie. Il faut y revenir un certain nombre de fois pour en choper les subtilités. Ce qui fait que je ne vais pas entrer dans le détail de chaque morceau car la chronique serait bien trop longue et je suis sûr que vous avez autre chose à faire… Quelques groupes comme références et pour essayer de cibler la musique de Winterhorde ? Septicflesh, Opeth, Dimmu Borgir, Hollenthon, Arcturus... Et tout cela jamais sur un morceau complet, vous l'avez compris, mais des influences disséminées ici et là. Quant au son, il est parfait puisqu'on le doit au producteur suédois de renom, Jens Bogren.
Devant un si large éventail d’influences, il est possible de ne pas accrocher à tout avec le même enthousiasme. Personnellement par exemple, Maestro est un morceau un poil "trop prog" pour moi. Mais l’album dans son ensemble passe tout de même très bien.
Bref, même si comme moi, vous n’accrochez pas trop à ce morceau ci-dessus, il serait dommage de passer à côté du reste car d'une part, aucun morceau ne ressemble à celui-ci et d'autre part, sachez que le reste du disque est bien plus extrême. Le meilleur moyen pour vous faire votre opinion sur cet album et d'en écouter tous les titres, pas un seul morceau... Mais Winterhorde brasse tellement large au niveau des styles qu'il serait étonnant qu'aucun titre de cet album ne vous touche.
Tracklist de Maestro :
01. That Night In Prague 02. Antipath 03. Worms Of Souls 04. They Came With Eyes Of Fire 05. Chronic Death 06. The Heart Of Coryphee 07. A Dying Swan 08. Maestro 09. Through The Broken Mirror 10. Cold 11. Dancing In Flames
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